Topic poésie

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RipatouillonsAbsin.
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Re: Topic poésie

Message par RipatouillonsAbsin. » 14 sept. 2026, 18:32

Tu as raison pour "violet" :snif:

Puisque c'est, je passe à l'autre camp, et j'écris des poèmes élégiaques sur les sentiments.
Non, je rigole, je continue à zutrer.

3 quatrains, avec une variation de mètre à chaque quatrain, en accord avec le sens (j'ai fait n'importe quoi sur le premier vers de chaque strophe, mais j'ai trouvé un prétexte, héhé...), une diminution de la qualité des rimes en accrd avec le sens (idem)

À La Fenêtre

Pour peu que la pluie inonde la rue et humecte
Les plantes, à grosses gouttes, chasse les insectes ;
Pour peu que des feuilles, végétales notonectes,
Dévalent les rues aux ratissages incorrects ;

Que ce soit une tristesse ou une rage
Qui t'écrase dans ton canapé, sauvage,
La pluie saura t'apaiser comme il est sage
(À condition que tu aies un bon chauffage.) ;

Car tu iras jusqu'à ta fenêtre, à pas lents,
Regarderas au-delà du ciel transparent
Malgré quelques gouttes claires l'obscurcissant :
Oh ! la tête un brin en arrière, souriant.

Une vague inspiration de das Gassenfenster de Kafka.

RipatouillonsAbsin.
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Re: Topic poésie

Message par RipatouillonsAbsin. » 16 sept. 2026, 16:05

Encore une, pas trouvé de titre. Encore un sonnet, mais celui-ci comporte une accélération :owiii: donc il est bien. En fait, l'accélération est tellement rapide que chaque phrase fait mentir la précédente, donc c'est un peu bizarre. En plus, il fait un peu fable. :fgr:

On était par la pluie au salon renvoyé.
Un moucheron s'était réfugié sous la voûte
D'un grenier, par l'oeil-de-boeuf ouvert. Quelle goutte
Subreptice ou sournoise saurait le noyer ‽

La pluie, sous laquelle les feuilles ne ployaient
Pas ne le concernait plus, pour lui, aucun doute.
Il ne voyait pas poindre un torrent sur la route
La pluie se renforçait, il s'était fourvoyé.

Roulant d'énormes nuages venait l'orage,
Noyant ou fracassant les plantes avec rage,
Seul l'idiot moucheron ne s'en souciait guère.

La foudre, voisine, venait d'abattre un hêtre,
Et vingt gouttes de pesticides le diptère :
« Rhoo ! Qui a oublié de fermer la fenêtre ‽ »

RipatouillonsAbsin.
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Re: Topic poésie

Message par RipatouillonsAbsin. » 19 sept. 2026, 10:02

Encore une, pour rigoler :

Fantasy insipide 1

Des espagnolettes que l'héroïque Algrisse
Offrit à son amour avant son sacrifice,
Son ultime combat contre son demi frère
Démoniaque et cruel, aux ambitions guerrières,

Garde la première l'Empereur des Elfes,
La seconde scelle Tunkela son adelphe,
Le conseil des vieux nains protège la troisième,
La dernière est l'outil de la reine des gemmes.

Ces crémones sacrées ressuscitent ou tuent
Font illusions, magies, potions, sorts impromptus
Et caetera... Elles modifient le destin,
Quel camp choisira donc notre héros Célestin ?

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Roi of the Suisse
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Re: Topic poésie

Message par Roi of the Suisse » 19 sept. 2026, 23:33

Euh, des petits conseils pour tes prochains poèmes, je ne te dis pas de corriger ceux-là :owiii:
Je te dis tout ce qui me passe par la tête quand je les lis, tu n'es pas obligé d'être d'accord. C'est juste un retour, tu en fais ce que tu veux.


C'est mon goût personnel, très déformé par l'abus de haiku, mais les deux premiers, je ne les trouve pas assez denses : 4 vers auraient peut-être suffit pour raconter la même histoire. Ne te force surtout pas à écrire 3-4 strophes si une suffit, sous prétexte que les poèmes célèbres font généralement 3-4 strophes. Sens-toi totalement libre dans le choix de la forme. J'ai envie de dire que la meilleure forme pour un poème, c'est la forme minimale qui permet de raconter tout ce qu'on a envie de raconter. Et donc quelque part, ça n'est pas du tout un choix libre.

J’ai une légère impression de "remplissage", ça peut venir aussi
- soit du besoin de rime : « j’ai écrit un vers qui se termine en ucre, maintenant je dois écrire n’importe quoi qui se termine en ucre, pour rimer, puis je continuerai mon histoire ». La bonne stratégie est plutôt : « je dois dire A et B, je cherche parmi tous les synonymes de A et de B s’il n’y en a pas deux qui riment, alors ceux-là seront mes fins de vers ».
- soit de l’alexandrin, mètre beaucoup trop vaste, terrain de foot à peindre avec un cure-dent. Peut-être que 10, 8, 7, 6, 5 pieds suffisent à dire ce qu’on a à dire. Encore une fois, s’il y a une phrase qu’on veut vraiment dire telle quelle, que celle-ci impose son mètre à tout le poème ! Et donc le mètre n’est pas un choix libre non plus. Avoir moins le choix, c’est rassurant. On sait où aller.

À La Fenêtre => la dernière strophe, les rimes en "an", c'est un peu facile en français, c'est comme les rimes en "é". On les utilise quand vraiment le sens est important (plus que la forme) et qu'on n'a pas trop le choix.
Après les deux premières strophes riches, c'est un peu dommage.


Fantasy insipide 1 => tiens c'est rigolo, j'avais écrit un truc intitulé "science fiction insipide".

"Des espagnolettes" => dès le premier vers, on lit un "désèspa - gnolèteuh" avant la césure.
Une espèce de "règle" en poésie française, qui n'est jamais ou pas souvent explicitée, c'est d'éviter de terminer sur un gros "euh" à la césure, c'est un peu lourd. On préfère placer le "euh" juste après la césure si possible. Enfin, ça n'est pas toujours possible de l'éviter évidemment, parfois la contrainte formelle l'impose, mais il faut tout faire pour l'éviter.
"Belles espagnolettes grinçant dans l'aurore" => "bèleuhzèss - pagnolè - teugrinçan - danlauror" => le "euh" après la césure est moins lourd. C'est plus musical.
Le premier vers, il doit être nickel normalement ; dans la suite du poème, les contraintes de forme et de sens font qu'on est parfois obligé de faire des sacrifices. Et puis on est déjà dans l'histoire. C'est plus accepté. Faut pas faire mauvaise impression dès le premier vers.
À l'inverse, on peut transgresser volontairement cette règle pour transmettre une sensation de lourdeur, en accord avec le sens du poème, si c'est approprié.

On devrait prononcer "notreuh héro" et pas "notréro", donc le dernier vers fait 13 pieds :link:

"Garde la première l'Empereur des Elfes" on a envie de le lire en 11 pieds, mais il est sauvable à coup de diérèse sur "première", enfin... ça serait la seule diérèse de tout le poème, bizarre.


Bon, tout ça c’est des points "négatifs", mais tout ce que je n’ai pas mentionné est positif :edente:
Les scènes racontées sont intéressantes.

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Re: Topic poésie

Message par Nemau » 19 sept. 2026, 23:42

Tu as raison pour "violet" :snif:
Pas d'accord. Qui prononce violet "violè" ? :o Pas grand monde je pense.

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Re: Topic poésie

Message par Roi of the Suisse » 19 sept. 2026, 23:52

violet \vjɔ.lɛ\
https://fr.wiktionary.org/wiki/violet

Beh, ça dépend vraiment des régions. Tu as peut-être cette impression parce que tout le monde autour de toi le prononce comme ça ?

Officiellement, dans les dictionnaires, il faut dire violè, sinon c'est une "faute", mais beaucoup de gens font la faute, oui. En poésie, on fait un peu gaffe à ces truc-là, sinon on passe pour un provincial illettré, et les cuistres s'arrêtent immédiatement de lire.
Surtout que les rimes en "é", c'est ce qu'il y a de plus courant/cheap, alors on ne va pas en rajouter une pelletée artificiellement.

Moi-même j'ai eu ce handicap longtemps : dans ma famille / région d'origine, on ne différenciait pas le é du è. Les profs m'engueulaient et je ne comprenais pas pourquoi. J'ai dû me forcer pour prendre l'habitude.
Même le o / ô, c'est pas naturel chez moi. J'ai envie de prononcer pôterie comme dans paume, alors que ça se prononce comme dans pomme.
Mais "il faut se forcer", c'est comme sous Louis Croix-V-Baton :snif:

Avec violet, c'est d'autant plus important, sinon il y a confusion avec "violé", qui n'a pas du tout le même sens :omg:

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Re: Topic poésie

Message par RipatouillonsAbsin. » 20 sept. 2026, 08:44

Merci pour ta lecture heu... attentive ?

Il y a beaucoup de points intéressants, mais auxquels je ne sais quoi répondre.
tiens c'est rigolo, j'avais écrit un truc intitulé "science fiction insipide".
Je sais, ça a été un peu une inspiration, au moins pour le titre. Je crois que j'ai lu tous les poèmes de tes recueils.
Une espèce de "règle" en poésie française, qui n'est jamais ou pas souvent explicitée, c'est d'éviter de terminer sur un gros "euh" à la césure, c'est un peu lourd. On préfère placer le "euh" juste après la césure si possible. Enfin, ça n'est pas toujours possible de l'éviter évidemment, parfois la contrainte formelle l'impose, mais il faut tout faire pour l'éviter.
Oui, c'est très vrai, mais j'ai lu su poesie-snobe.com qu'il fallait marquer la césure par un e pas muet, et ce poème se voulait un peu parodique.
On devrait prononcer "notreuh héro" et pas "notréro", donc le dernier vers fait 13 pieds :link:
Héros ça vient du grec, et ne sont aspirés que les H venant du germanique ou d'autres langues, mais pas ceux provenant du latin ou du grec, même si personne ne sait pourquoi.n :king:
"Garde la première l'Empereur des Elfes" on a envie de le lire en 11 pieds, mais il est sauvable à coup de diérèse sur "première", enfin... ça serait la seule diérèse de tout le poème, bizarre.
Ah, oui. Heu... Heu... Chacun sait que le nom des Monarques vieux de plus de 100 ans doivent être prononcés comme en Ancien Francçais : Emperéür.

J'en profite pour caser Fantasy insipide 2 et 3, ceux là sont pour rire.

Fantasy insipide 2

Au coeur du royaume des gemmes, formidable
La fontaine de Jouvence, sinople et sable
Argent et or, dont l'eau merveilleusement claire
Guérit oreillons, grippe, gangrène et ulcères !

Célestin et ses amis y sont parvenus !
Dans les tunnels sombres, ils se sont soutenus
Mutuellement. Ils sont maigres comme des vis,
Ils n'ont plus de Bagels au revigorant lys.

Malheureusement Tarmoail féroce approche,
Dragon redoutable aux dents ainsi que des pioches,
Lors d'un combat contre lui, aucun coup de mou
Ne leur sera possible : « Puisez pauvres clous ! »

Fantasy insipide 3

« Ainsi pour garder l'espagnolette
La Reine des Gemmes se changea
En Tarmoail, le dragon bé-bête ! »
Dit Célestin, étonnant ses gars.

« La source de Jouvence à l'eau fraîche
Était un sort de cette démonne !
Pour sûr, Tunkela était de mêche,
Lui a appris l'emploi des crémones ! »

Dit Borglouz, la Sibylle des Nains.
« Elle fit l'Orage au désespoir,
C'est un raisonnement anodin,
Afin que ne devînt pas passoire

Le sceau de Tunkela au Mont χυ.
Fourbe, elle a aidé à le sceller.
Il faut le délivrer, convaincue,
Je le suis ! Et soyons très zélés ! »


Un petit easter egg s'y cache, pour ceux qui lisent le grec.

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Re: Topic poésie

Message par Roi of the Suisse » 20 sept. 2026, 11:14

:owiii: Bien bien.
Que d'aventures !


"Au coeur du royaumeuh"
"Dans les tunnels sombreuh"

"Célestin et ses amis y sont parvenus !" => Bizarre la césure en plein milieu de "amis", c'est typiquement le mot qu'il ne faut pas couper, tu as brisé l'amitié, nooonnnn :lol:

Le dernier en 9 pieds, il faudrait idéalement le césurer en 3 + 3 + 3, ou bien en 5 + 4, de façon très régulière et ostentatoire, pour faciliter sa lecture. J'ai vraiment eu du mal à le lire, d'un point de vue rythmique.

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Re: Topic poésie

Message par Roi of the Suisse » 20 sept. 2026, 11:57

:wtf: Je ne sais pas si tu m'as embabouiné avec tous tes alexandrins, je n'en écris jamais, mais cette nuit j'ai pondu ça :

Vigilance

Durant l’adolescence de notre pensée,
Nous nous vautrons souvent dans la boue du cynisme.
Nous rejetons ce qui, enfants, fut encensé
Par nos instituteurs, le taxons d’angélisme.

Après des ans d’errance à regarder la vie,
Nous nous apercevons que ce monde est fragile !
La paix, la vérité, notre démocratie
Subissent sans arrêt l’attaque des plus vils.

Justice, liberté, honneur, fraternité
Sont un corps qui, véreux, n’attend que de pourrir.
Notre petite bulle alors peut éclater ;
Ell' n’est qu’une exception à toujours secourir,

Portée à bout de bras par quelques courageux,
Gonflée au temps passé par des sages illustres.
L’anomalie de l’ordre aux maux moyenâgeux,
Chaos préhistorique et tyrannie des rustres

Est sans cesse exposée. Les lois qui la maintiennent
Se fissurent encore au marteau des avides.
Marbre institutionnel, quiétude citoyenne,
Ta longévité tient aux héros impavides.

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